ousmane gueye

Formation

Ousmane Gueye est né en 1956 à Dakar au Sénégal. Initié à l'art dès l'école primaire, il commence à sculpter la pierre vers l'âge de 6 ans. Lors du Festival des Arts Nègres de 1966, le président poète Léopold Sédar Senghor, fasciné par ses créations, décide de lui octroyer une bourse pour poursuivre sa formation à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Paris.


Fort de ces encouragements, Ousmane s'installe à Paris où ses sculptures lui apportent le parrainage de maitres tels qu'Étienne Martin, César ou encore Jean Cardot. Après un passage par l'école Boulle de Paris, il continue à étudier l'architecture à l'Académie des arts de Rome puis à la Fondation Henry Moore en Angleterre.

Artiste sans frontières

Le développement de son art le mène à parcourir le monde, de Paris à New York en passant par l'Angleterre, la Suisse ou encore le Japon. Ousmane Gueye arpente les quatre coins de la terre à la recherche des matériaux nécessaires à son art mais aussi pour trouver audience et sites propices pour son travail. Il déclare lui-même que l'artiste n'a pas de pays, comme le disait si bien Claude Lévi-Strauss :

« Chaque culture reste authentique en s'enrichissant au contact des autres ».

Cubisme et art africain

Au début du XXème siècle, de nombreux artistes (Modigliani, Vlaminck, Derain, Moore, Le Fauconnier, Brancusi...) défendent et puisent leur inspiration dans les sculptures africaines, en particulier dans les masques pour leur force expressive. Parmi eux, on retrouve Braque et Picasso, remettant en cause le fondement même de la représentation visuelle et l'abandon de la représentation en perspective; c'est la révolution cubiste. Cette dernière, et ses répercussions sur l'art contemporain, ont nourrit le travail d'Ousmane Gueye. Si l'artiste hérite des cubistes, abstraction, simplification des formes et lignes essentielles, il hérite de l'art africain, l'étirement expressif des visages, les disproportions ou la géométrisation.

Inscription contemporaine

Avec ce croisement d'influences, Ousmane tente d'explorer un au-delà du Cubisme, en apportant une sensualité sculpturale de la matière et une recherche de dialogue entre l'être et la matière.

« Mes sculptures sont des formes enveloppées par une autre forme qu'il faut libérer. C'est la pierre qui décide ».

Ainsi, ses œuvres présentent un jeu variable de formes et de couleurs. Entre ses mains, les mutations s'opérèrent, le matériau perd sa nature froide, se libère de son destin amorphe et rigide pour offrir au regard et au toucher, différentes factures obtenues grâce au travail de la surface.

Recherche assidue

Ousmane Gueye fait évoluer son art afin d'aller toujours au plus profond. À travers son questionnement et son désir d'universalité, l'artiste cherche à ce que chacun puisse ressentir, avec plus ou moins de force, la valeur intrinsèque de son travail: lumière, volumes, équilibre, rapport de plans, perspective ou encore esthétique.

« Le plus important est que chacun puisse trouver un petit peu de lui-même, une interprétation qui lui est propre ».

Pour Ousmane, le rôle de l'artiste dans la société est multiple: embellir, être une référence, participer au développement économique, touristique et culturel mais aussi être une source d'inspiration et d'ambition car l'art, est un moyen d'expression à la force considérable. C'est pourquoi l'artiste est très attaché au thème de l'éducation car elle permet de sensibiliser les jeunes générations à la culture, de les stimuler et ainsi de s'ouvrir sur le monde.

Choix des matériaux

« Creuser une idée, esquisser, ébaucher et choisir la matière ».

Ousmane Gueye, grâce à ses différents voyages à travers le monde, a su rapporter une connaissance exemplaire des matériaux et des lieux où les trouver. Bois, basalte, granite, albâtre, agate, bronze, verre, ardoise, sont autant de révélations qui ne croisent pas son chemin par hasard selon lui. Parmi elles, la pierre occupe une place prédominante, qui par sa résistance, marque le temps et notre histoire. Mais il est un matériau cher au sculpteur: l'ardoise, qu'il aime aussi surnommer «The Blue Diamond», le diamant bleu de l'Anjou, composante de ses sculptures monumentales.

Les Têtes-Livres

Dans la tradition orale africaine, le patriarche transmet son savoir. Selon Ousmane, la perte du savoir de l'Afrique est l'une des causes des problèmes que connait le continent aujourd'hui. À travers sa série de «Têtes-Livres», il rend hommage à ces détenteurs de savoirs, et, au-delà, à l'éducation, au droit à l'éducation, à la recherche et à ceux qui œuvrent au partage du savoir.

« Être entouré de savoir vous propulse ».

Les sculptures monumentales

Le monumental traduit une fois de plus l'ambition d'Ousmane Gueye. Pour l'artiste, il s'agit de transmettre cette ambition, d'inspirer et donner l'envie. Les sculptures monumentales sont taillées dans d'imposants rebuts d'ardoise, puis dressées à la verticale sur des socles, prolongeant ainsi le regard vers le ciel, bleu, immense et infini.

Les sculptures, destinées à intégrer un espace (public, institutionnel) prennent alors toute leur ampleur grâce aux connaissances appliquées d'Ousmane en aménagement des espaces et de l'environnement, concluant ainsi le travail de l'artiste par l'élaboration de la mise en scène finale.

La Forêt Bleue

À Sœurdres, en Anjou, le projet de longue date d'Ousmane Gueye prend forme. À son retour des États-Unis en 2007, la volonté est la même: créer un parc paysager qui réunit et fait converger différents moyens d'expression artistique. Un lieu ouvert à tous pour proposer un parcours initiatique, de réflexion, de sensibilisation, autour d'un thème précieux à l'artiste: la nature.


De ce lien étroit avec la nature est né le projet de «La Forêt Bleue». Ce lieu, qui s'étend sur 4 hectares comprend toute sorte de plantations (environ 300 arbres fruitiers), et proposera d'ici peu une exposition permanente d'une vingtaine de sculptures monumentales, en plein air, à laquelle d'autres artistes seront invités à venir se greffer par la suite.


Dans «La Forêt Bleue», Ousmane rend hommage à l'arbre, élément de notre quotidien qui tient une place capitale dans notre existence, car incroyable facteur de vie, C'est pourquoi l'artiste s'attache justement à donner une seconde vie à des arbres morts. Récupérés, retravaillés et sculptés, ces derniers composent une forêt à la fois fossile et vivante se liant étroitement grâce à l'intervention de volume et de couleurs. Et si le bleu prédomine dans cette forêt, ce n'est pas sans rappeler la couleur caractéristique de l'Anjou mais c'est qu'elle s'inspire du ciel, de son immensité et de cette présence connexe à travers le monde: une couleur qui unifie les uns les autres.

De l'Anjou au Sénégal

Au-delà de ses projets en France, Ousmane Gueye n'en oublie pas pour autant ses racines sénégalaises. Profondément ancré en lui, Ousmane souhaite voir le projet de «La Forêt Bleue» s'élargir dans son pays d'origine, avec le même intérêt de préservation de la nature et d'aide au développement touristique et culturel du pays. C'est la même ambition qu'il souhaite transmettre avec le désir d'ouvrir son musée, de laisser sa trace et de léguer aux jeunes générations son savoir.

« L'art est un des domaines que l'Afrique doit développer, préserver et garder ».

Le potentiel de l'Afrique

Pour Ousmane, l'art présente une valeur sure laquelle on ne peut pas tricher: le caractère unique des œuvres d'art. Forte de son identité et de son histoire, l'Afrique doit par conséquent se recentrer sur son patrimoine et aider l'art à se développer grâce à l'éducation qu'il est important de distribuer pour ainsi créer une véritable explosion culturelle.